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La Dre Vivien Brown est vice-présidente, affaires médicales et elle est reconnue comme étant un chef de file dans son domaine en tant que médecin de famille d’exception, en plus de faire figure de pionnière en matière de sensibilisation des enjeux de santé des femmes à l’échelle nationale et internationale. Elle a été nommée Médecin de l’année en 2012 par l’Ontario College of Family Physicians. La Dre Brown a mis sur pied et dirige une initiative stratégique chez Medisys qui vise à promouvoir la santé des femmes.

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Comment les aliments transformés peuvent conduire à une dépendance alimentaire et à l’obésité

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Dr. Farrell Cahill is a recognized leader in the field of obesity, diabetes, and exercise physiology in Canada.  Through his expertise in genetics, endocrinology, and human physiology, Dr. Cahill explores the aetiology and management of both obesity and diabetes to improve occupational health and performance.

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L’accumulation de preuves a permis de prouver les similitudes neurobiologiques et comportementales entre la suralimentation compulsive et la dépendance aux drogues psychoactives.

L’obésité et l’excès de poids sont la cinquième cause de mortalité mondiale [1] et la deuxième cause de décès la plus évitable aux États-Unis et au Canada [2]. Le gain de poids dans la population générale est compliqué. Être en surpoids ou obèse est généralement le résultat d’un interaction complexe entre la génétique/la biologie d’un individu, les choix de style de vie personnel et les facteurs environnementaux qui conduisent à consommer plus de calories que l’individu est capable d’en brûler (surplus d’énergie) [3]. Au Canada, les excès de poids combinés aux modes de vie sédentaires sont les principales causes de gain de poids et d’obésité dans la population générale [4-5]; Cependant, de récentes recherches suggèrent qu’une certaine proportion de la population peut être affligée d’un état plus grave qui les prédispose à trop manger: la dépendance alimentaire. La dépendance alimentaire est définie comme une relation obsessionnelle ou compulsive à certains aliments [6]; Les individus qui souffrent de dépendance alimentaire consomment constamment plus de nourriture que les besoins réels de leur corps pour se maintenir en santé et montrent des comportements de consommation compulsive associés à une perte de contrôle de l’alimentation [5,7].

«Jusqu’à 1 personne sur 20 souffre de dépendance alimentaire. Cette dernière est également un facteur important dans le développement de l’obésité et du diabète».
– Dr Cahill

 

La dépendance alimentaire est-elle réelle?

La question de savoir si et dans quelle mesure la dépendance alimentaire contribue à l’obésité dans la population en général fait l’objet d’un grand débat au sein de la communauté de la recherche sur l’obésité. En ce qui concerne l’obésité et le diabète, on ne peut affirmer que la dépendance alimentaire en est la cause, mais elle est sans doute un facteur y contribuant. La gestion du poids, auparavant pensée comme étant simplement la différence entre le nombre de calories absorbées et dépensées, est maintenant reconnue comme étant un défi comportemental et physiologique significatif pour beaucoup de personnes. Même les personnes qui ne sont pas en surpoids ou obèses peuvent être accro à la nourriture ou avoir un rapport malsain avec les aliments et cette relation pourrait les rendre plus propices à l’obésité et au diabète dans le futur. L’accumulation  de preuves a permis d’établir les similitudes neurobiologiques et comportementales entre la suralimentation compulsive et la dépendance aux drogues psychoactives, ce qui conduit les chercheurs à utiliser le terme dépendance alimentaire pour décrire ce modèle de suralimentation [8-12]. «Nous avons tous besoin de manger de la nourriture, mais nous ne passons pas tous par des symptômes de sevrage, c’est la différence», explique le Dr Cahill, responsable de la recherche sur le mieuxêtre des employés chez Medisys, Santé des cadres.

Une étude a révélé que la dépendance alimentaire avait une incidence sur 6,7% des femmes et 3,0% des hommes.

Une étude de recherche co-rédigée par le Dr Cahill au cours de son doctorat dans le laboratoire du Dr Guang Sun, professeur à la Faculté de médecine de Memorial, montre que la dépendance alimentaire est un facteur important dans le développement de l’obésité. Dans leur étude, 652 adultes (415 femmes, 237 hommes) ont été recrutés dans la population générale de Terre-Neuve-et-Labrador au Canada et la dépendance alimentaire a été évaluée à l’aide de l’Échelle de dépendance alimentaire de Yale. Les résultats ont révélé que la prévalence de la dépendance alimentaire (définie comme une relation obsessionnelle ou compulsive à certains aliments) était de 6,7% chez les femmes et de 3,0% chez les hommes et augmentait avec le statut d’obésité. En outre, l’étude a également démontré que les «dépendants» étaient de 11,7 kg plus lourds, 4,6 unités d’IMC plus élevées et avaient 8,2% de plus de graisse corporelle et 8,5% de matière grasse supérieure à celle des sujets témoins; Ce qui suggère que la dépendance alimentaire contribue à la fois à la gravité de l’obésité et à la composition de la graisse corporelle, avec un taux plus élevé chez les femmes que chez les hommes.

Les aliments hautement transformés et à haute teneur en sucre sont les plus addictifs.

Nous avons tous entendu dire que les aliments complets qui sont naturellement riches en fibres, protéines et vitamines sont plus sains par rapport aux aliments qui sont hautement transformés. Cependant, il semble que ce soit un peu plus compliqué que ce que l’on sait déjà. Dans une étude publiée dans la revue scientifique revue par un comité de lecture de la Public Library of Science (PLOS ONE), “Which Foods May Be Addictive? The Roles of Processing, Fat Content, and Glycemic Load”, il a été établi que les aliments hautement transformés partagent des propriétés pharmacocinétiques (par exemple, une dose concentrée, un taux d’absorption rapide ) avec les drogues. Ceci est dû à l’ajout de glucides gras et/ou raffinés et le taux rapide d’absorption des glucides raffinés par le système, indiqué par la charge glycémique. L’étude suggère que tous les aliments ne sont pas aussi impliqués dans le comportement alimentaire addictif et que les aliments transformés, riches en matières grasses et en charge glycémique, qui peuvent partager les caractéristiques des drogues, sont plus souvent associés à une dépendance alimentaire.

«Nous sommes tous conditionnés pour utiliser la nourriture, non seulement comme aliments, mais aussi à titre de récompense. Le désir de se récompenser avec des aliments riches en sucre est si grand que le stress mental et physique de les abandonner est supérieur à notre volonté d’être en santé et de mieux gérer notre poids ».

– Dr Cahill

 

«Je pense que notre recherche suggère que la dépendance alimentaire est réelle et constitue un facteur important contribuant à l’obésité et au diabète. La recherche de notre collègue Dr Gearhardt, à l’Université d’État du Michigan, suggère également que les aliments hautement transformés et richesen sucre sont les types de nourriture les plus addictifs. Je ne crois pas que vous devez éliminer complètement les aliments transformés ou à teneur élevée en sucre de votre alimentation, mais la modération et la conscience de ce que l’on consomme sont importantes », explique le Dr Cahill.

Le conseil du Dr Cahill est de limiter le sucre raffiné et les aliments à forte charge glycémique. «Notre recherche, tout comme celle de nos collègues, a démontré que les aliments riches en sucre peuvent être les plus addictifs et ce sont ces aliments qui sont les plus difficiles à abandonner».

Sources: 1 World_Health_Organization (2013) Obesity and Overweight. World HealthOrganization.  ttp://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs311/en/index. html. Accessed 2013 Agu 12. 2 Mokdad AH, Marks JS, Stroup DF, Gerberding JL (2004) Actual causes of death in the United States, 2000. JAMA: the journal of the American Medical Association 291: 1238–1245. 3 Swinburn BA, Sacks G, Hall KD, McPherson K, Finegood DT, et al. (2011) The global obesity pandemic: shaped by global drivers and local environments.The Lancet 378: 804–814. 4 Granados K, Stephens BR, Malin SK, Zderic TW, Hamilton MT, et al. (2012) Appetite regulation in response to sitting and energy imbalance. Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism 37: 323–333. 5 Ziauddeen H, Farooqi IS, Fletcher PC (2012) Obesity and the brain: how convincing is the addiction model? Nature Reviews Neuroscience 13: 279–286. 6 Ifland J, Preuss H, Marcus M, Rourke K, Taylor W, et al. (2009)Refined food addiction: a classic substance use disorder. Medical Hypotheses 72: 518–526. 7 Barry D, Clarke M, Petry NM (2010) Obesity and its relationship to addictions: is overeating a form of addictive behavior? The American Journal on Addictions 18: 439–451. 8 Davis C, Carter JC (2009) Compulsive overeating as an addiction disorder. A review of theory and evidence. Appetite 53: 1–8. 9 Blumenthal DM, Gold MS (2010) Neurobiology of food addiction. Current Opinion in Clinical Nutrition & Metabolic Care 13: 359–365. 10 Fortuna JL (2012) The obesity epidemic and food addiction: Clinical similarities to drug dependence. Journal of Psychoactive Drugs 44: 56–63. 11 von Deneen KM, Liu Y (2012) Food Addiction, Obesity and Neuroimaging. In: Belin D, editors. Addictions – From Pathophysiology To Treatment: InTech. pp. 259–290. 12 Smith DG, Robbins TW (2012) The neurobiological underpinnings of obesity and binge eating: a rationale for adopting the food addiction model. Biological psychiatry 73: 804–810.


Dr. Farrell Cahill is a recognized leader in the field of obesity, diabetes, and exercise physiology in Canada.  Through his expertise in genetics, endocrinology, and human physiology, Dr. Cahill explores the aetiology and management of both obesity and diabetes to improve occupational health and performance.

 

 

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