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La Dre Vivien Brown est vice-présidente, affaires médicales et elle est reconnue comme étant un chef de file dans son domaine en tant que médecin de famille d’exception, en plus de faire figure de pionnière en matière de sensibilisation des enjeux de santé des femmes à l’échelle nationale et internationale. Elle a été nommée Médecin de l’année en 2012 par l’Ontario College of Family Physicians. La Dre Brown a mis sur pied et dirige une initiative stratégique chez Medisys qui vise à promouvoir la santé des femmes.

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Diététiste Leslie Beck est l'auteur best-seller de 12 livres sur la nutrition et la santé , écrit une chronique hebdomadaire dans le Globe and Mail et est un collaborateur régulier de CTV Nouvelles . Basé à la clinique Medisys à Toronto , Leslie propose un-à- un coaching diététique , les plans de repas personnalisés et des recommandations fondées sur des données probantes sur l'utilisation de suppléments nutritionnels .

www.lesliebeck.com

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Dr Jay Keystone, directeur de la clinique santé voyage Medisys de Toronto, vous transmet de l’information à propos du virus Zika

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Dr Jay Keystone C.M. est le directeur de la clinique santé voyage de Toronto, un professeur au département de médecine à l’Université de Toronto. De plus, il est médecin spécialisé en santé voyage reconnu mondialement et expert en ce qui concerne les maladies tropicales et infectieuses. Son travail lui a mérité d’être récipiendaire de l’Ordre du Canada en 2015.

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Contexte :

Le virus Zika est un flavivirus apparenté à la fièvre jaune, au virus du Nil occidental, à la dengue et à l’encéphalite japonaise; il a été découvert chez un singe rhésus de la forêt de Zika, située en Ouganda, en 1947. Jusqu’à récemment, les flambées de la maladie étaient survenues en Afrique, en Asie et dans certaines îles du Pacifique. Le virus Zika est transmis par les moustiques, principalement par ceux de l’espèce Aedes aegypti. Il est aussi probable que les moustiques de l’espèce Aedes albopictus transmettent le virus.

 

En mai 2015, l’Organisation mondiale de la Santé a reçu des rapports faisant état de la première transmission locale du virus Zika dans l’hémisphère occidental, des cas de transmission locale ayant été signalés au Brésil. Depuis, des cas de transmission locale ont été recensés dans plus de 14 pays ou territoires en Amérique. Bien qu’aucun cas de transmission locale du virus Zika n’ait été confirmé aux États-Unis et au Canada, un certain nombre de cas importés ont été décrits, sans transmission locale cependant. Au Brésil, on estime le nombre de cas à plus d’un million, la majorité ayant été observée dans le nord-est du pays.

 

Comment le virus Zika se transmet-il?

Le virus Zika est transmis par la piqûre des moustiques diurnes du genre Aedes. On compte maintenant plusieurs cas de transmission du virus par voie sexuelle, des femmes ayant été infectées par des hommes qui avaient récemment visité des régions où le virus est endémique.

 

Existe-t-il un risque de transmission locale (ou « autochtone ») aux États-Unis et au Canada?

Les moustiques des espèces Aedes aegypti et Aedes albopictus sont présents aux États-Unis, comme en attestent des cas antérieurs de transmission locale de la dengue et du chikungunya en Floride; la transmission locale du virus Zika aux États-Unis pourrait donc survenir, sans toutefois atteindre des proportions épidémiques. Les régions les plus méridionales du pays sont les plus susceptibles d’être touchées. La transmission locale du virus Zika au Canada n’est pas possible, en raison de l’absence de moustiques du genre Aedes.

 

Quels sont les symptômes de la maladie à virus Zika?

Seules 20 % des personnes infectées par le virus Zika présenteront des symptômes. Parmi les principales manifestations cliniques, on compte une fièvre d’apparition soudaine, des éruptions maculopapuleuses, une arthralgie, une myalgie et une conjonctivite. La maladie clinique est généralement d’intensité légère, les symptômes durant de quelques jours à une semaine.

 

Une augmentation marquée du nombre de cas de microcéphalie a été observée au Brésil; de l’ARN du virus Zika a été décelé dans le liquide et les tissus amniotiques des nourrissons atteints de microcéphalie, sans qu’il soit cependant possible d’établir un lien causal. Un accroissement du nombre de cas de syndrome de Guillain-Barré (une maladie neurologique qui touche les membres inférieurs) a aussi été remarqué dans plusieurs pays où le virus Zika est présent, notamment en Polynésie. Il faut toutefois noter que le syndrome de Guillain-Barré s’observe également en association avec un grand nombre d’autres virus, y compris ceux de l’influenza et de la dengue. Il n’est pas encore possible de déterminer si une personne infectée par le virus Zika profitera d’une immunité à vie contre l’infection.

 

Comment diagnostique-t-on l’infection par le virus Zika?

Il est possible de confirmer une infection par le virus Zika en procédant à des tests d’ADN (méthode PCR-CDNA) sur des échantillons sanguins prélevés au cours de la première semaine de la maladie. Les anticorps du virus Zika commencent à se développer au moins 4 jours après l’apparition de la maladie aiguë. Le principal problème toutefois avec les études sur les anticorps, c’est que les résultats des tests sur le virus Zika peuvent être positifs en raison de réactions croisées avec d’autres flavivirus (ex : les virus de la dengue et de la fièvre jaune). Par exemple, les personnes atteintes d’une infection latente à la dengue (seulement une infection sur trois est symptomatique) ou qui ont déjà été vaccinées pour la fièvre jaune peuvent développer des anticorps au virus Zika, et ces derniers peuvent demeurer chez ces personnes pendant de nombreuses années. Les tests sur le virus Zika sont actuellement réalisés par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) à Atlanta, en Géorgie. Les tests au moyen de la méthode PCR-CDNA et les études d’anticorps seront effectués par les CDC uniquement chez les personnes symptomatiques.

 

Traitement de l’infection par le virus Zika

Le traitement est en général de type symptomatique et comprend du repos, l’ingestion de liquides ainsi que la prise d’antidouleurs et de médicaments contre la fièvre. Quoi qu’il en soit, comme le virus de la dengue et le virus Zika circulent souvent dans les mêmes zones et donnent des symptômes similaires, il faudrait éviter de prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’acide acétylsalicylique (Aspirin), l’ibuprofène (Advil) et le naproxène (Naprosyn) en raison du risque de saignement chez les personnes atteintes de la dengue. Les femmes enceintes qui font de la fièvre devraient être traitées avec de l’acétaminophène (Tylenol).

 

Quelle est la relation entre le virus Zika et les malformations chez le fœtus pendant la grossesse?

Une infection par le virus Zika a été confirmée chez de nombreux nourrissons souffrant de microcéphalie au Brésil. La période et la région où des cas d’enfants atteints de microcéphalie ont été signalés coïncident avec les flambées d’infections par le virus Zika au Brésil. Le nombre de nourrissons atteints de microcéphalie actuellement observé au Brésil est supérieur à ce qu’il devrait être.

 

La microcéphalie est facilement diagnostiquée lors d’une échographie vers la fin du second trimestre ou au début du troisième trimestre.

 

Les femmes enceintes qui ont voyagé dans les régions où la transmission du virus Zika a été confirmée et qui souffrent de symptômes correspondants à ceux de la maladie à virus Zika (y compris une fièvre d’apparition soudaine, des éruptions maculopapuleuses, une arthralgie, une myalgie et une conjonctivite) pendant les deux semaines suivant ce voyage doivent subir un test. De plus, les femmes enceintes qui ont voyagé dans les régions où la transmission du virus Zika a été confirmée et qui ont subi une échographie ayant révélé une microcéphalie ou des signes de calcification crânienne chez le fœtus doivent aussi subir un test de dépistage de l’infection par le virus Zika. Les CDC ne recommandent cependant pas et ne réaliseront pas de tests de dépistage en laboratoire chez les personnes qui ne présentent pas de symptômes d’infection par le virus Zika, même si elles ont voyagé dans les régions où la transmission du virus Zika a été signalée. Les femmes qui ont voyagé dans une région où le virus est endémique et qui n’ont pas de symptôme d’infection par le virus Zika devraient aviser leur médecin ou leur sage-femme de sorte qu’un suivi étroit de leur grossesse soit effectué au moyen d’une échographie.

 

Prévention

Le fœtus est infecté par le virus Zika pendant la grossesse. Ainsi, c’est vraisemblablement au cours des 24 premières semaines de la grossesse, et particulièrement au cours des 12 premières semaines, que le fœtus est exposé aux plus grands risques.

 

Pour prévenir les infections par le virus Zika, il faut éviter les piqûres des moustiques diurnes du genre Aedes, qui sont particulièrement actifs en début de journée et en fin d’après-midi. Le port d’une chemise ou d’une blouse à manches longues et d’un pantalon peut être utile, lorsque la température le permet. Les insectifuges contenant du DEET (25 à 30 %) ou de l’icaridine (20 %) sont efficaces pendant 4 à 6 heures et sont sans danger pour les femmes enceintes et les enfants de plus de 2 mois. Chez les enfants, ces insectifuges sont sécuritaires, mais devraient être appliqués avec parcimonie (sans excès). Les résidences avec moustiquaire et la climatisation peuvent être utiles. Les personnes qui se rendent dans un complexe touristique ont de meilleures chances d’être bien protégées en raison des programmes locaux d’épandage d’insecticide (il faut toutefois le confirmer en communiquant directement avec le complexe). Aucun vaccin n’est actuellement disponible.

 

Les femmes enceintes devraient éviter de se rendre dans des régions où il y a transmission du virus Zika. S’il n’est pas possible de modifier ses projets de voyage, de strictes mesures de protection contre les insectes doivent être prises. Comme le virus ne peut être transmis au fœtus qu’au cours de la première semaine de la maladie, toute tentative de conception d’un enfant devrait tenir compte de la période d’incubation et ne devrait pas avoir lieu avant un minimum de six semaines suivant le départ de la région où le virus est endémique. Comme la transmission entre homme et femme a été observée, il faudrait pratiquer l’abstinence ou utiliser des condoms pendant au moins un mois après le retour d’une région où le virus est endémique. L’infection par le virus chez les femmes, qu’elles soient enceintes ou non, n’aura aucune incidence sur les grossesses futures.

 

 

 

 

 


Dr Jay Keystone C.M. est le directeur de la clinique santé voyage de Toronto, un professeur au département de médecine à l’Université de Toronto. De plus, il est médecin spécialisé en santé voyage reconnu mondialement et expert en ce qui concerne les maladies tropicales et infectieuses. Son travail lui a mérité d’être récipiendaire de l’Ordre du Canada en 2015.

 

 

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